Récemment, en parlant du film éponyme autour d'un repas, j'en viens à faire la recherche suivante sur Google afin d'être sûre qu'on parlait bien de la même chose : "Le plus bel âge".
Outre les résultats qui parlaient du film en question, je suis tombée sur plusieurs articles qui se questionnaient sur le fait que 31 ans soit le plus bel âge dans la vie d'une femme.
Apparemment, c'est à cet âge qu'on se sent "la plus belle" et de façon général, hommes et femmes confondus, c'est à cet âge qu'on a la vie "la plus riche". Ce n'est pas pour rien que les protagonistes de la série à succès "Friends" ont la trentaine : il y a de quoi faire et de quoi dire pour nourrir la série.
Les magazines ELLE et l'Express se mettent d'accord pour dire qu'à 31 ans, une femme est "au top de l'épanouissement, accomplie, confiante et fière d'elle-même".
Bon, je pense qu'on n'est pas toutes concernées par tous ces critères au même moment mais dans mon cas, ça s'en approche. Non pas que je me sente ultra canon, prête à affronter la terre entière et complètement irrésistible mais pour résumer, je sais ce qui me met en valeur, j'ose un peu plus dire "non" ou "ça ne me convient pas" et je suis épanouie (à quelques détails près mais bon, j'ai aussi appris à accepter que tout ne pouvait pas être parfait en même temps dans la vie, et que tout n'était pas essentiel).

Tenez, justement, j'ai eu 31 ans en janvier.

C'est marrant d'être née en janvier car mon année "à moi", elle passe en même temps que l'année "normale" de tout le monde (j'entends par "année normale", celle qui se passe de janvier à décembre, parallèlement à une "année scolaire" qui a lieu de septembre à juin, vous voyez ?)
Je trouve que ça rend observateur. On contemple nos propres changements dans l'année, en les comparant à tout ce qui se passe autour. Dans mon cas, ça m'a appris beaucoup sur mon comportement : de l'influence du monde sur ma petite vie privé, à celle de la lune sur la repousse de mes cheveux, en passant par la météo sur mon humeur, et l'impact d'un changement de saison sur mon mode de vie...
Ça aide aussi à mesurer le temps qui passe, à prendre des repères (quand cette année sera passée, je n'aurais plus le même âge), ça force parfois à accélérer mes projets car je me fixe des objectifs "à faire avant tel âge" (même s'il est inutile de se mettre la pression et que parfois, la vie en a décidé autrement).
Bref, j'avais peur d'avoir 31 ans car certains aspects de ma vie ne me plaisaient pas et n'avançaient pas. Il n'y avait pas autant de perspectives d'avenir que j'imaginais et quand on manque de projets (petits ou grands), on s'éteint. Et quand on s'éteint, qu'on est malheureux, ça fait peur de vieillir, peu importe l'âge qu'on a. Par exemple, j'ai détesté fêter mes 26 ans car rien n'allait comme je l'espérais à cet âge-là, je ne m'aimais pas, je n'étais pas fière de moi. Quand on y pense, c'est bizarre d'avoir peur de vieillir quand on est à un âge qui ne nous convient pas... On aurait tendance à vouloir "passer à autre chose" mais comme pour la satisfaction qu'on a quand on raye une ligne de notre "to do list", il faut avoir accompli certaines tâches avant d'en commencer d'autres. C'est précisément ça que j'ai mis du temps à comprendre : que parfois, il faut du temps avant qu'un projet se concrétise.
J'étais pourtant une adepte du dicton "tout vient à point à qui sait attendre" et j'étais aussi très patiente côté caractère car je ne m'énerve pas facilement et je suis minutieuse mais beaucoup de proches m'ont souvent dit : "tu es trop pressée, chaque chose en son temps".
Pour une fois dans ma vie, je comprends ce qu'ils veulent dire. Il ne suffisait pas de savoir prendre 1h de mon temps à démêler une pelote de laine pour être qualifiée de "patiente", mais comprendre que pour concrétiser mes "projets du moment", il fallait aussi que l'homme qui partage ma vie soit dans le même état d'esprit, qu'il soit prêt lui aussi, qu'il ait envie des mêmes choses. Et c'est ça qui parfois, prend du temps (ou pas hein, ça dépend des gens...)
Ce que je veux dire, c'est que si votre "projet du moment" est d'acheter une maison et que vous préférez le faire avec votre compagnon que seule, il faudra parfois être patiente car il ne sera peut-être pas prêt en même temps que vous. Et le plus compliqué, l'épreuve là-dedans, c'est de savoir s'il le sera un jour et que vous n'attendez pas pour rien.

Je suis avec Nico depuis plus de 3 ans et comme il a 13 ans de plus que moi, qu'il a des enfants et moi pas, qu'il a acheté sa maison seul au tout début de notre relation et que lui aussi a construit des choses de son côté, avant qu'on ne se mette ensemble, il y a forcément des moments où nous nous sommes retrouvés en décalage et où on s'est posé des questions. Même si tout est clair aujourd'hui, je ne vous cache pas que ça a été compliqué par moments, que j'ai failli me barrer en courant (je l'ai même fait) et que j'ai eu envie de partir vivre dans un endroit si éloigné qu'on n'y parle pas la même langue et qu'on n'y mange pas la même bouffe.
Jusqu'au jour où j'ai compris (et lui aussi), que tout était question de deux choses pour être heureux et avancer : assumer ses choix et penser à soi.

Les projets que vous faites, ils sont pour vous. Ceux que vous faites pour votre couple, ils sont pour votre couple. Peu importe ce que pensent les gens, proches ou non, il faut assumer vos choix et être conscient que vous les faites uniquement POUR VOUS.
Je ne dis pas que l'avis des autres ne compte pas, il faut parfois l'entendre pour savoir ce qu'on veut vraiment. Mais n'oubliez pas de faire la différence entre les gens bienveillants et ceux qui l'ouvrent sans qu'on les sonne, et qui se font un malin plaisir à dire que "non, vous ne devriez pas faire comme ça". Ces gens-là, la plupart du temps, auront toujours quelque chose à dire et à critiquer. Vous ne serez jamais assez bien pour eux, quoi que vous fassiez.
J'ai compris ça par rapport à certaines épreuves que notre couple a traversé dernièrement, mais aussi par rapport à ce blog et à l'avis que les gens peuvent se faire. Lundi, sur la plage, je lisais le livre King Kong Théorie de Virginie Despentes. Un passage m'a particulièrement marquée et ça a raisonné en moi :

"Il y a un réel lien entre l'écriture et la prostitution. S'affranchir, faire ce qui ne se fait pas, livrer son intimité, s'exposer aux dangers du jugement de tous, accepter son exclusion du groupe. Plus particulièrement en tant que femme : devenir une femme publique. Etre lue par n'importe qui, parler de ce qui doit rester secret, être exhibée dans les journaux. En opposition évidente avec la place qui nous est assignée : femme privée, propriété, moitié, ombre d'homme. Devenir romancière, gagner de l'argent facilement, provoquer la répulsion autant que la fascination : la honte publique est comparable à celle de la pute."

Juste avant, elle explique ce qu'elle pense de la prostitution, du fait que tout le monde en parle comme quelque chose d'horrible en ne considérant que les pauvres femmes qui n'ont pas le choix, qui n'ont plus de passeport et qui n'ont connu que le viol et la drogue. Alors que de son côté, elle explique qu'il y a aussi des putes qui sont là par choix, qui gagnent plein de fric et qui savent faire la part des choses, qui font ça pour elles, et qui ont à faire à des clients respectueux (tout ça était son cas, et celui de plusieurs prostituées qu'elle a croisées à cette époque). En gros, elle dit qu'on ne met pas en avant cet aspect de la prostitution car ça donnerait envie à certaines femmes de s'y mettre, de gagner plein d'argent tout en ayant un certain pouvoir et ça, quand on est une femme, ça plait moyennement à la population (que ce soit la prostitution ou autre métier qui regroupe pouvoir et argent).
Tout ça pour dire, que j'ai ce blog depuis plus de 9 ans. Plusieurs fois dans ma vie, on m'a critiquée pour diverses raisons plus ou moins justifiées et à chaque fois, je dis bien à chaque fois, on a inclus ce blog comme quelque chose de "mal, malsain, anormal, égocentrique, impudique, ..."
Et ce qui est drôle, c'est que tous ces gens qui le critiquent ne sont pas mes amis, qu'ils n'ont jamais essayé de me connaître et qu'en plus, ils sont les premiers à se jeter sur un nouvel article que je poste pour le lire (et si besoin, le critiquer, déformer mes propos, les sortir de leur contexte). C'est le paradoxe "répulsion/fascination" dont parle Virginie Despentes.
Plusieurs fois, on s'est servi de ce que j'écrivais ici pour contredire mes propos dans la "vraie vie", justifier un jugement qu'on avait sur moi ou une attitude que j'adoptais. Exemple tout con : j'ai très souvent été jugée comme "superficielle" parce que j'avais un blog qui parlait de mode donc ce que je pouvais dire "en vrai" n'avait aucun poids. Ou alors, comme quelqu'un "d'impudique" car je dévoilais certains aspects privés de ma vie. Déjà, je n'ai jamais porté atteinte à quelqu'un d'autre que moi en révélant des choses privées donc qu'est-ce que ça peut faire ? Quand je raconte le "privé", c'est "ma vie privée" (et pas toute) pour me libérer et parfois, pour rendre service à des lecteurs qui vivent/vivront/ont vécu la même chose (ça réconforte de lire qu'un autre a eu la même galère que nous, pas vrai ?)
Pour ma part, je sais plus de choses sur les rapports humains, l'accouchement, la décoration, les marques de vêtements ou les alternatives zéro déchet grâce à Internet qu'aux conversations In Real Life (et pourtant, je vois du monde et on se parle hein). Pour la simple et bonne raison que les gens se livrent plus facilement derrière un écran (en mal ou en bien) en échangeant avec des inconnus qui ne les jugeront pas (ou qui les jugeront mais comme ce n'est pas un proche à qui ils veulent convenir, ça leur est égal). Pour moi, les blogs ont été un vecteur d'apprentissage et de bienveillance, une façon de découvrir des choses dont on ne parle pas en vrai ou pas "comme ça", de lire des témoignages qui m'ont poussée à me bouger le cul et à changer, à penser un peu à moi. Aujourd'hui, pour les mêmes raisons qui m'ont poussée à créer mon blog, j'ai envie d'amener ma pierre à l'édifice et je ne veux plus me contenter de me dire "ah bah ça, j'aurais pu le dire/faire aussi, mais c'est une autre qui l'a fait à ma place". Je veux le faire, le dire, l'écrire parce que ça me fait du bien et ça fait du bien aux autres. Ce qui disent le contraire, qui insinuent que ce que je peux écrire "fait du mal", c'est uniquement parce que ça les emmerde que je sois bien (en y réfléchissant bien, j'ai du mal à envisager une  autre explication). Ceux qui pensent que je suis une immonde créature égocentrique se rappelleront peut-être avoir lu au moins une (auto)biographie dans leur vie ou quand le prof de français leur a demandé d'écrire sur eux-même (ce n'est pas de l'égo-centrisme, c'est un exercice utile pour mieux se connaître). Et s'ils ne s'en rappellent pas, je me permettrais d'ajouter qu'avant d'être bien avec les autres, c'est primordial d'être bien avec soi. Donc en faisant ce qui me plait, je m'éloigne d'un potentiel avenir de connasse frustrée qui là, à coup sûr, fera vraiment chier. Et personne n'a envie de ça... 


Bref, à maintenant 31 ans, je tiens juste à dire que je n'en ai plus grand chose à faire de ce qu'on pense de mes hobbies, de ce à quoi ressemble mon couple auprès du reste de la population et de ce que les gens imaginent de ma personnalité sans jamais m'adresser la parole. 
Même si ça ressemble à un coup de gueule, ça n'en est absolument pas un. En réalité, j'avais besoin de mettre tout ça par écrit pour me libérer et surtout, je souhaite que tout le monde prenne conscience de ça un jour, de l'importance de s'aimer un minimum (ça n'a jamais empêché d'aimer les autres), de faire les choses pour soi (sans tomber dans l'égoïsme absolu) et de ne jamais lâcher ses projets pour des gens (ou une personne) qui n'en valent pas la peine.

Prenez soin de vous et n'hésitez pas à me donner votre avis et ressenti sur le sujet, sur les changements qui sont arrivés dans votre vie avec "l'âge" et la maturité. Ça m'intéresse ♥

Manon