Après vous avoir raconté mon confinement en long, en large et en travers, il était évident que je vous parle de "la reprise". J'ai cherché longtemps un autre terme pour qualifier "le retour à la normale" et ma reprise au travail, en vain. En fait, je trouve surtout que c'est "la reprise des mauvaises habitudes" plus qu'autre chose. C'est vrai que ça semble plutôt sombre comme façon de voir les choses, et ça ne me ressemble pas, mais justement, j'ai un peu de mal avec cette "reprise".

Aujourd'hui, 2 juin 2020, j'ai repris mon travail de salariée.

Bien que je ne fasse pas le "job de mes rêves", je n'ai pas à me plaindre : j'ai la chance d'être en CDI et de pouvoir profiter des avantages que ça procure au commun des mortels, je ne suis pas mal payée, je travaille pour une entreprise qui fabrique et vend de bons produits et il m'arrive d'avoir des missions intéressantes.
Mais je dois bien l'admettre, j'étais complètement angoissée à l'idée de reprendre le travail, les horaires fixes, conduire tous les jours, supporter des gens quand je n'en suis pas capable, rendre des comptes, ... Je sais, c'est la vie et franchement, je ne voudrais pas donner l'impression que je suis en train de me plaindre, ce n'est vraiment pas le cas (même si je me fiche de l'image que je renvoie aux autres, ce n'est pas le message que je veux faire passer et ce n'est pas le but de cet article).
D'ailleurs, chaque fois que j'angoissais en pensant à la reprise, je me disais "mais ça va aller, le tout c'est de reprendre, après ça ira, je n'ai pas à me plaindre". 

En fait, ce qui m'ennuie, au delà de profiter beaucoup moins de mon foyer, c'est de laisser de côté toutes ces occupations épanouissantes que j'ai eu pendant le confinement : apprendre une langue étrangère, lire, écrire, prendre des photos, m'habiller comme je veux car personne ne va me regarder d'une façon désagréable, cuisiner, faire une partie de jambes en l'air à 10h30 si ça me chante (et pourquoi pas ?), ... 
On pourrait croire que ce sont des problèmes d'enfant gâté mais honnêtement, ça m'a permis de me rendre compte à quel point le temps libre était précieux. En plus de l'argent (celui dont on a besoin un minimum car le monde fonctionne ainsi), le temps libre est une très grande richesse, un luxe dont nous sommes peu nombreux à pouvoir vraiment profiter.

Hier soir, j'étais incapable d'aller me coucher. Je retardais l'heure d'aller au lit, comme si ça allait décaler celle d'en sortir (on sait tous que ça ne fait qu’aggraver le manque de sommeil hein...). J'ai soupiré un grand coup, en zappant à la TV et en m'écroulant, en tirant une tête certainement abominable puisque Nico a tout de suite répondu très justement "Eh ouais, fallait bien reprendre un jour ! Mais ça va aller, même si ça te fait suer..." (c'est exactement à ça que je pensais, quel homme perspicace).

Ce matin, j'aurais pu me rendre au boulot en marche arrière, tellement c'est dur.
Ce n'est pas tant le fait de me lever tôt car je me lève quasiment toujours "tôt". Je suis "une personne du matin" comme on dit. 
C'est plutôt, comme je vous le disais, le manque de temps libre que ça engendre, et tout ce qu'un travail qu'on fait pour quelqu'un d'autre implique. 

Quand je suis arrivée au travail ce matin, j'ai appris qu'un de mes collègues occupait aussi mon bureau, qu'il s'occupait d'un projet que j'avais envie de mettre en place depuis mon arrivée et pour lequel on ne m'avait pas forcément accordé de confiance ou de crédit, que désormais mes missions changeraient, qu'une partie de mon boulot que j'aimais faire serait effectuée par quelqu'un d'autre, ...  

J'ai pensé 30 secondes à la démission. Vraiment.
Puis, j'ai fait un point avec mon patron, il m'a expliqué quelles seraient mes nouvelles missions (pas très fun, mais pas horribles non plus) et là, il a dit un truc qui m'a plu et qui a fait passer la pilule : que je pouvais faire mes heures en 4 jours pour bénéficier d'un jour en plus pour moi.
C'est la phrase qui m'a complètement reboostée et surtout, qui m'a fait relativiser énormément. D'autant que j'ai beaucoup de projets en ce moment et que franchement, ce travail qui n'est pas si mal (comparé à d'autres que j'ai pu faire ou que j'ai la chance de ne jamais avoir à faire), j'en ai besoin.

J'aurais des journées plus intenses mais au moins, j'aurais un week-end plus long et moins d'allers-retours pour me rendre à l'entreprise*. On en revient toujours à cette notion de "temps libre", ce luxe que nous pouvons rarement nous offrir ou que nous n'occupons pas si bien. 

*(convictions écolo obligent, j'étais très heureuse de voir que la diminution de nos allers-retours en bagnole pour aller travailler, faisait drastiquement baisser la pollution dans le monde, et qu'on pouvait éventuellement commencer à envisager le télétravail ou les semaines de 4 jours)(bon, je vous parle d'écologie mais il m'arrive de passer une commande chez H&M de temps en temps, quand je ne trouve pas ce que je veux en seconde main...)

Ce soir, je ne suis pas rentrée tard. J'ai fait mon compte d'heures, ni plus ni moins, pour me re familiariser avec le rythme d'avant. J'ai repris mes marques et je suis seule à la maison pour la soirée. Je me rends compte qu'avec le soleil qu'il fait, il y a encore assez de lumière pour faire des photos (bon, celles dans l'article datent d'hier mais j'ai eu le temps d'en faire d'autres). Que l'article que j'aurais aimé publier ce matin, je peux très bien le publier ce soir (de toute façon, il y a davantage d’interactions sur Instagram après 21h), que Nico n'est pas là donc j'ai le temps de faire quelque chose juste pour moi. Que finalement, la reprise n'est pas si mal du moment qu'on est bien, heureux, en bonne santé et qu'on a encore suffisamment de temps pour rêver à nos projets.

Body en crochet H&M (collection actuelle, je vous ai mis le lien mais si vous voulez l'acheter, sachez qu'il taille un peu petit) // Jupe en daim vintage // Cache-cœur porté en veste American Vintage

Certains se diront que les photos n'ont rien à voir avec le sujet de l'article mais détrompez-vous ! Justement, c'est une tenue que je voulais porter cette semaine mais que je ne peux pas mettre au travail. J'ai pris ces photos moi-même, comme pour tous les articles que je vous postais quotidiennement pendant le confinement et surtout, devant mon bureau perso, celui qui tient une place importante à la maison puisque c'est ici que j'écris chaque jour, pour moi et pour vous.

Et vous, comment avez-vous vécu cette reprise ?
N'hésitez pas à me donner vos impressions, votre ressenti, et les choses qui rendent cette reprise plus agréable.
Je vous souhaite une bonne soirée !

Manon