A toutes celles qui attendent leur premier enfant...


Amies, copines, connaissances ou lectrices que je n'ai jamais rencontrées, je voulais vous écrire quelques lignes si vous vous apprêtez à donner la vie pour la première fois de votre existence.

Loin d'être une mère parfaite et exemplaire (ne cherchez pas, elle n'existe pas)(je vous jure, même Mme Ingals pète un plomb de temps en temps), je me devais de vous transmettre le fond de ma pensée avec un peu de recul, même si mon enfant n'a pas encore un an et demi. 

D'ailleurs, parlons-en du fait qu'il ait déjà bientôt un an et demi... Le temps file, à une vitesse folle, on va vous le dire, inlassablement, accompagné d'un petit "profites-en !" alors qu'au moment où vous l'entendez, votre bébé est encore dans votre ventre et vous n'avez qu'une hâte : le rencontrer. Quelques mois plus tard, vous en serez presque à regretter cette époque formidable où vous pouviez vous laver tranquillement sans qu'un petit enfant vous observe et vous lance des jouets dans la gueule pendant votre douche d'1m40. Au moins, c'est mieux pour la planète, voyons le verre à moitié plein ! Vous n'en pourrez plus d'entendre cette phrase mais un jour, comme moi, vous y penserez à votre tour. Tout simplement parce qu'elle est vraie... Mais passons, ce n'est pas seulement ça le sujet. 

Pendant votre grossesse ou du moins, pendant les mois ou semaines qu'il vous reste avant la rencontre, pensez à vous et faites tout ce que vous voulez, AU MAXIMUM. Bien sûr, on ne se jette pas sur une bouteille de Pastis (même si vous avez envie d'anis s'il vous plaît) mais si vous avez envie de dormir, DORMEZ. Et si vous avez envie de repeindre toute la maison avec votre mec, de vous faire une manucure, de manger un Mcdo ou de regarder à nouveau l'intégralité de la série Sex & The City : FAITES-LE ! La vie est courte, on consacre déjà tous et toutes trop de temps à travailler, supporter des cons, faire les courses, la vaisselle, le ménage donc merde, vous devez faire ce que vous voulez pendant cette période de congé maternité (et parental si vous le voulez). Pourquoi j'insiste sur ce point ? Parce que ce qui vous attend ensuite sera peut-être compliqué. J'entends par là que vous n'êtes pas à l'abris d'un énorme bouleversement hormonal et psychologique (personnellement, je suis une thérapie aussi pour ça depuis que mon fils a 6 mois) et d'un changement radical dans votre vie suite à l'arrivée de votre enfant. Evidemment, on vous a déjà dit : "Avoir un enfant, ça change la vie" et ça ne veut rien dire tant que vous n'êtes pas concrètement "parents" (bien sûr, on s'imagine l'essentiel mais ça devient concret quand on se retrouve dedans H24). Certains diront peut-être que ça n'a pas changé grand chose et c'est possible... Il se peut que des couples deviennent parents d'un enfant qui fait ses nuits dès sa naissance, qui est calme et souriant tout le temps, aussi sociable qu'autonome dès son plus jeune âge, qui ne connaît ni l'angoisse de la séparation ni le besoin de tester le seuil de tolérance de ses parents pour les faire divorcer avant même de se marier, ce n'est pas impossible mais C'EST RARE. Un enfant, même calme, même sociable, même facile à vivre et qui mange bien/dort bien/chie bien, sera forcément fatigant à un moment. Pour la simple et bonne raison que vous avez déjà beaucoup de choses auxquelles penser dans la vie et maintenant, vous devez aussi penser à lui et pour lui TOUT LE TEMPS. Et le spectre est large, il va de "changer une couche" et "nourrir plusieurs fois par jour" à "penser à prendre rdv chez le pédiatre" et "acheter de nouveaux vêtements à sa taille", en passant par "reprendre du lait maternisé à la pharmacie car il n'en reste plus beaucoup" ou encore "penser à embarquer le doudou dans le sac et une tétine de rechange au cas où il aurait besoin de s'endormir si on traîne à tel endroit". Votre fatigue, grande ou petite, sera physique ET morale.

Au départ, quand le bébé arrive, on ne perçoit pas le côté "négatif" de tout ça (Je mets le mot "négatif" entre guillemets car même s'il y a des contraintes, je vois surtout ces tâches comme une étape logique et évidente, un passage obligé qui fait partie du package "avoir un enfant") : Moins bien dormir, devoir changer des couches à gogo, nourrir, s'inquiéter, se poser des tonnes de questions, s'engueuler avec son mec, avoir une maison moins bien rangée et moins bien décorée parce que le parc a remplacé le fauteuil vintage Ligne Roset et que tes bougeoirs sont désormais en hauteur, c'est NORMAL mais des fois, ÇA FAIT CHIER. Et ça fait chier parce que tu t'oublies, parce qu'avoir une maison un minimum rangée fait partie des choses qui t'aident à t'y sentir bien quand tu rentres du boulot, parce que lire un bouquin pendant que ton mec bricole était une façon équitable de faire des choses pour vous et que, boire un verre avec des ami(e)s permet aussi de relativiser sur tes petits problèmes du quotidien mais là, ça prend une autre tournure. Tu travailles trop, ta maison est désordonnée, tu as l'impression de ne faire que travailler ET t'occuper de ton enfant, ce qui ne te laisse pas beaucoup de temps pour lire ou aller boire un verre avec tes ami(e)s pour oublier les problèmes du quotidien, rendant la chose encore plus difficile à supporter et t'amenant doucement dans un cercle vicieux. 

Alors que c'est à cette période de ma vie que j'ai eu le plus besoin d'une soupape de décompression, j'ai eu du mal à la trouver. 

Malgré tout, et c'est sûrement dans mon caractère, j'ai appris à apprécier les petits moments du quotidien : Caro qui venait boire un thé et manger des biscuits à la maison, profiter de la sieste de Milo pour faire plein de choses et m'en satisfaire, cuisiner un bon plat, me boire un verre de vin, manger avec ma grand-mère et mes cousines, avoir le temps de lire un livre ou de regarder une série, ...

Concernant le couple, je ne vous fais pas de dessin et je ne rentre pas dans les détails personnels mais pour résumer, j'ai eu envie de me sauver plusieurs fois (et je pense que Nico aussi 😂). Pourtant, j'aime mon mec, encore plus depuis qu'il est le père de mon fils mais déjà, la fatigue générée par l'arrivée d'un enfant est telle qu'elle peut vous transformer (ou transformer votre mec) en une créature diabolique, capable de dire les pires phrases du monde. Des phrases que vous regretterez d'avoir dites juste après les avoir dites mais vous les aurez dites quand même, juste parce que vous êtes au bout du rouleau, que moralement c'est compliqué, que vous ne vous sentez ni comprise ni épaulée alors que vous êtes tous les deux dans le même bateau (ou pas, ça dépend des couples et des caractères encore une fois). En parallèle, il arrive que certains couples ne se comprennent déjà pas beaucoup avant l'arrivée d'un enfant mais là, avec tous ces changements, ça s'aggrave. Dites-vous que la plus petite brèche existante dans votre couple deviendra un gouffre et que quoi qu'on en dise, le rôle de "parents" après celui de "couple" peut parfois faire ressortir les inégalités hommes-femmes. Alors faites attention. Sachez consacrer du temps à votre couple mais aussi, sachez faire comprendre à votre moitié que tout n'est plus possible comme avant, du moins pas dans l'immédiat et que vous aussi, homme comme femme vous avez envie d'autre chose que de changer des couches et donner le biberon toute la journée. Relativisez sur cette période compliquée en vous disant que ce n'est qu'une période, qu'elle se terminera un jour pour laisser place à quelque chose de plus facile. Peu à peu, vous retrouverez du temps pour vous seule et pour vous deux.

Si ça peut vous aider, on s'adapte (plus ou moins selon les gens). Et même si vous vous sentez parfois mal, vous verrez qu'on s'habitue à moins dormir, à moins s'occuper de soi, à moins sortir et à être moins libre. On s'habitue à boire son café froid, à ne plus être seule aux chiottes, à avoir ses vêtements sales quasiment quotidiennement et un jour, quand la journée s'est bien passée, quand votre bébé devient peu à peu un enfant, quand vous arrivez à vous libérer pour passer la soirée avec votre mec, quand vous enchaînez quelques nuits complètes : vous commencez à voir la lumière au bout du tunnel, à envisager une évolution et surtout, vous avez l'impression que cet enfant a toujours été là. 

Vous vous demandez presque comment c'était avant son arrivée. et naturellement, vous n'imaginez plus la vie sans lui..

C'est bizarre à quel point les sentiments sont contradictoires quand on devient parents... Il y a le classique et fameux "vivement qu'on se casse en week-end sans lui pour être tranquilles et finalement, il nous manque au bout de 12h" et surtout, SURTOUT, il y a ce désir incroyable d'enfanter qui laisse place à une peur constante une fois que l'enfant est né. Une peur de le perdre, qu'on vous l'enlève, qu'on lui fasse du mal, qu'il soit malheureux, qu'il meurt. Constamment, parfois jour et nuit, la peur est là. J'ai eu ça, je l'ai encore parfois. Je me fais violence pour penser à autre chose et voir le positif, comme à mon habitude mais honnêtement, il est légitime de se demander pourquoi on s'inflige tout ça, à commencer par ce besoin violent d'avoir un enfant, suivi de ces sentiments encore plus violents d'échec, de peur, d'interrogations et de doutes.

Je ne veux pas vous démoraliser à travers ce texte, ce n'est pas mon but car d'une part, un enfant c'est aussi (et surtout) tout un tas de moments merveilleux, de fous rires, de découvertes sur lui et sur vous-même, d'autant que tout se passera peut-être à merveille dans votre cas (et que dans le mien, malgré ce que je décris, ça se passe à merveille mais ça n'en est pas moins difficile). Non, ce que je veux dire, c'est qu'il ne faut pas idéaliser ce qui va vous arriver après la naissance de votre enfant mais qu'il est nécessaire de rester positif si les choses ne se passaient pas aussi facilement que vous l'espériez. Le fait de savoir vraiment ce qui peut vous attendre permet de mieux le vivre une fois que ça vous arrive. Oui vous l'avez voulu mais vous avez le droit de vous plaindre car c'est dur ! Vous avez le droit de pleurer quand vous en ressentez le besoin, de mettre votre bébé dans son lit le temps d'aller hurler dans la pièce à côté et de toute façon, vous ferez comme vous pouvez. Vous avez aussi le droit de faire comme bon vous semble. Je ne parle pas de comportements extrêmes mais si vous avez besoin/envie d'allaiter votre bébé, de faire du cododo, de l'emmener en soirée, de ne pas le faire garder par quelqu'un d'autre : il faut vous écouter et aussi, bien vous entourer. 

Vous allez vite réussir à différencier les personnes qui vous font la morale des personnes qui vous veulent du bien : ces dernières commencent par vous écouter et vous demander si vous allez bien avant de vous donner leur avis sur votre éducation...

Et un jour, en regardant votre bébé, vous voyez un enfant magnifique, heureux et généreux qui vous rend fière...

Voilà tout ce que j'ai à dire sur le Vietnam ce qui vous attend si vous attendez un enfant.

Mon unique conseil dans tout ça, c'est de ne pas hésiter à en parler quand ça ne va pas. Sachez qu'un père ou une mère qui va bien rendra son enfant plus heureux que s'il/elle s'oublie et se sent mal. Rappelez-vous qu'en cas de problème dans les avions et les bateaux, on demande toujours aux adultes de se mettre en sécurité avant de sécuriser leurs enfants. Cette recommandation comme consigne de sécurité se décline assez bien dans la vraie vie je trouve... 

Je vous embrasse et encore une fois, n'ayez pas peur de ce que vous venez de lire. Le but est de vous parer à toutes les éventualités et de justement, vous rassurer si vous jamais vous étiez amenées à vivre des moments difficiles après l'arrivée de votre enfant : ça arrive de se sentir fatiguée, seule, démunie et désemparée face à tout ça ♥

Manon 

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