Avec Nico, nous sommes ensemble depuis 3 ans et demi et après ces quelques années, nous en sommes venus à la conclusion que nous nous aimions énormément et que malgré notre différence d'âge et de situation, nous voulions faire notre vie ensemble et donc, avoir un enfant puisque moi, je n'en avais pas encore.

Depuis mes 22 ans environ, je sais que je veux un enfant. Que ce n'est pas urgent, ni le centre d'intérêt de ma vie mais qu'au final, je n'imagine pas ne pas avoir d'enfant. Malgré tout, je ne voulais pas en faire avec n'importe qui, ni imposer ce choix à mon partenaire. C'est quand même une décision qui aura des conséquences sur notre vie entière, n'ayons pas peur des mots. C'est un être qui nous lie à vie et pour ça, il est préférable de s'entendre un minimum, de s'aimer très fort et de savoir affronter les épreuves sans s'en mettre plein la gueule, d'être de vrais partenaires en somme. Naturellement et comme tout le monde, nous sommes passés par des épreuves pas si simples avant d'en arriver là mais c'est un peu grâce à tout ça qu'on a su prendre cette décision.

Bref, après une bonne discussion en mai, on s'est dit que ce serait bien de s'y mettre pour espérer une grossesse à partir de septembre 2020 (comme j'avais envie de prendre des apéros pendant mes vacances d'été et qu'on avait plusieurs mariages de prévus cette saison, je voulais attendre un peu, par pure question de confort). Finalement, comme on pouvait s'en douter (étant tous les deux très fertiles ah ah), je suis tombée enceinte immédiatement, mi-mai 2020.

Pour ma part, même si mes règles ne sont pas régulières et que ce n'est pas leur retard qui m'a alertée, j'ai rapidement compris que j'étais sûrement déjà enceinte. Douleurs et sensibilité dans les seins, fatigue, nausées, dégoût pour certaines odeurs et pour l'alcool/la clope/le café et autres chose pas saines pour moi (la nature est bien faite) : tous ces détails m'ont fait acheter un test de grossesse pour confirmer nos doutes (et la certitude de Nico puisque lui, était déjà persuadé que ça avait marché). 

J'ai acheté le test le samedi et je n'ai osé le faire que le jeudi. D'un coup, tout devenait concret et prenait une autre tournure : je redoutais la réaction de Nico, qu'il change d'avis et prenne peur (je ne sais pas pourquoi), je n'osais pas faire ce test parce qu'il marquait un vrai tournant dans notre vie et que là, il n'était plus question de faire machine arrière. C'est étrange comme réaction, alors que c'est ce que je voulais depuis longtemps et qu'un résultat négatif m'aurait sûrement fait un peu mal au cœur.

Petite parenthèse : je suis tombée très facilement enceinte par le passé. J'entends par là : une première fois alors que j'étais sous traitement hormonal et pas sensée avoir d'ovulation. Plus tard, je suis tombée enceinte 2 fois sous pilule et une fois pendant que j'avais mes règles... Donc voilà, je savais que je n'avais pas de problème de fertilité mais en plus de la douleur psychologique d'une IVG (et des fausses couches même quand on ne prévoit pas de poursuivre la grossesse), j'avais toujours l’appréhension que le jour où je planifierais vraiment d'avoir un enfant, j'aurais des difficultés. Une sorte de mauvais karma, alors que l'IVG est un droit et qu'on n'y va pas comme on va chez le coiffeur, même si c'était la meilleure décision à prendre à ce moment. Du coup, lorsqu'on a commencé à essayer de concevoir, j'ai trouvé le temps hyper long entre les "essais" (ah ah) et le résultat du test, alors que ça n'a duré qu'un mois à tout casser. J'ai eu une pensée pleine de compassion pour les couples qui galèrent depuis des années, qui feraient de merveilleux parents et qui sont dans l'attente permanente de résultats de PMA, d'un dossier d'adoption ou autres situations qui occupent toutes vos pensées, même quand vous devez continuer à vivre votre vie normalement en parallèle. 

Une fois le test fait, un jeudi avant d'aller travailler, je l'annonce à Nico (c'est lui qui m'avait poussée à faire le test, profitant d'être tous les deux) et on se prend dans les bras, hyper contents de la nouvelle et moi, hyper rassurée de sa réaction (c'est con mais là, je voyais qu'il était sincère et qu'on était sur la même longueur d'onde). 


Rapidement, j'ai été bien bien malade : nausées permanentes et vomissements 5 à 10 fois par jour. Je crois que je n'ai pas passé un seul jour de ce premier trimestre sans être malade ! Je me forçais à manger sans grand appétit et surtout parce que je redoutais de ne rien garder. J'ai suivi les envies que j'avais : je ne mangeais pas de viande (ça me dégoûtait), uniquement des crudités, des fruits gorgés d'eau, des tisanes, de l'eau, des biscuits secs (ou barres de céréales) et des céréales ou du muesli. Finalement, ce n'était pas un régime trop mauvais car tout était sain, pas lourd à digérer et plein de vitamines. Au boulot, j'avais toujours des graines, biscuits et fruits secs avec moi, un fruit et ma gourde d'eau pour tenir la journée. Malheureusement, quand je n'étais pas en train de vomir, j'étais extrêmement fatiguée et ma tension (déjà peu élevée habituellement) a commencé à baisser. C'est devenu compliqué pour le boulot et le médecin m'a mise 15 jours en arrêt, jusqu'à ce que je passe ma première écho et que j'aille mieux. Je culpabilisais un peu de ne pas travailler mais tout le monde me disait que l'essentiel maintenant, c'était moi, le bébé et notre santé. Au départ, même si les nausées, les vomissements et la fatigue étaient difficiles à vivre, il faut dire ce qui est, j'ai repensé à deux choses : Déjà, à tous les couples qui galèrent alors que pour moi, ces symptômes signifiaient que ma grossesse se déroulait normalement. Ensuite, j'ai repensé au jour où Sylvie (la femme de mon père) me conduisait à un RDV, alors que j'étais enceinte à 19 ans, que j'allais avorter en pleine période compliquée (changement d'établissement scolaire et d'orientation, séparation après violences conjugales, et tout ce que ça a comme conséquences, ma maman partie vivre à l'autre bout de la France) et alors que j'étais en train de vomir par la fenêtre de notre Renault Espace familiale, je me mets à pleurer et Sylvie me dit "Tu verras, un jour tu seras dans le même état, pour la même raison, mais tu en seras heureuse et tu le vivras beaucoup mieux car ton conjoint et toi vous serez prêts à avoir un enfant". Et effectivement, dès lors où je me suis rappelée ça, j'allais vomir en riant ou en me disant que c'était pour la bonne cause (en espérant quand même que cet enfant ne soit pas trop pénible ah ah).

J'ai pu partir en vacances et j'ai arrêté d'être malade progressivement. J'ai écouté énormément le podcast Bliss Stories qui parle de maternité sans filtre mais à travers des histoires vraies et poignantes. Ces histoires m'ont parfois faite pleurer mais m'ont toujours rassurée en détaillant les étapes médicales qu'on doit suivre pendant une grossesse, ce qui peut nous arriver, ce qui est normal, ce qui n'est pas forcément conventionnel mais qui arrive, et c'est pas grave, ... des tas d'histoires enrichissantes. Ce que je retiens de ce premier trimestre, c'est qu'il faut vraiment s'écouter (et pas toujours écouter les autres en revanche car certains vous donnent de faux "bons conseils" ou vous racontent toute leur vie de maman alors que vous n'avez pas envie de parler de ça, et surtout pas UNIQUEMENT de ça TOUT LE TEMPS). Je retiens aussi que c'est important et indispensable de se reposer dès que possible, vraiment. J'ai aussi constaté que malgré le fait que je souhaite "rester la même" (et pas devenir cette maman relou qui ne parle que de ça tout le temps), ça a évidemment beaucoup de conséquences sur ma vie et sur ma façon de voir les choses (ça fera d'ailleurs l'objet d'un article). Ah oui, et je suis vraiment heureuse de ne pas m'être cantonnée à la Tourtel Twist concernant les bières sans alcool. Le seul conseil que je puisse vous donner (en plus d'éviter le stress et de garder à l'esprit que l'essentiel, c'est la santé et le bonheur dans votre foyer), c'est de goûter à la "1664 0.0%" et "la Bière des Amis", elles sont délicieuses, c'est à s'y méprendre !


Naturellement, ce blog va évoluer et même si nous n'allons pas parler de maternité et de couches dans chaque article, j'aborderai parfois ce thème. Tout simplement parce que j'ai trouvé du réconfort, des réponses et des histoires hyper touchantes à travers les blogs et les réseaux sociaux donc si je peux transmettre la même chose, c'est formidable.

Très bonne soirée à tous, bonne rentrée à vos enfants (s'ils vous ont fait vomir pendant plus de 3 mois, achetez-leur un cartable moche, ça leur fera les pieds) et à bientôt ♥


Manon