Aujourd'hui, j'avais envie de discuter d'un sujet sur lequel je suis bien loin d'être une bonne élève : celui de montrer ou non, ses enfants sur Internet.

Pour ma part, et comme la majorité des gens dans le même cas que moi, je pense que je partage des photos de mon fils sur les réseaux sociaux car évidemment, je trouve que c'est le plus bel enfant du monde et naturellement, au même titre que tout ce que je trouve beau et intéressant dans ce qui m'entoure au quotidien, je le prends en photo souvent et je vous le montre de temps en temps, assez régulièrement il faut dire... Bon en même temps, il fait un peu partie de ma vie et il la remplit beaucoup depuis 4 mois maintenant...

- Cet article existe aussi sous forme de podcast -


Avant la naissance de Milo, Nico m'avait demandé si je comptais partager des photos de notre fils sur Internet et j'avais répondu que je ne voulais en partager  "qu'un petit peu"  et que, dans la mesure où vous aviez suivi ma grossesse, je trouvais ça "NORMAL" de vous faire part de sa naissance en vous montrant son visage et en vous dévoilant son prénom.

Par la suite, je voulais vous montrer ses tenues trop mignonnes, des photos de lui dans son univers, celui dont je vous avais dévoilé un aperçu et qui enfin, prenait vie avec lui.

Je me suis prise au jeu, j'ai continué, ça vous plaisait et à moi aussi car il ne faut pas se leurrer, c'est toujours agréable quand on vous dit que votre enfant est beau...

Au-delà de l'aspect "esthétique" du bébé, la maternité dans sa globalité est un sujet fédérateur, sur lequel il y a aussi énormément à dire. C'était parfois un moyen pour moi d'illustrer mes questionnements de jeune maman, mes anecdotes, et l'évolution de mon enfant.

Vous le savez peut-être déjà mais une bonne partie de ma famille et de mes amis proches habitent loin de chez moi. Partager des photos sur Instagram ou Facebook, c'était aussi l'occasion de donner des nouvelles de lui aux gens que j'aime et qui ne sont pas dans le coin, tout en évitant d'envoyer des photos à chaque personne par texto ou dans différents groupes Messenger. Eh oui, depuis que je suis maman, je me rends compte que je mets un temps fou à répondre  aux messages qu'on m'envoie alors en envoyer régulièrement, c'est compliqué, d'autant qu'on me sollicite TRES souvent pour avoir des photos de lui. Bref, je partage des photos de mon enfants pour toutes ces raisons, valables ou non mais récemment, en me promenant avec ma copine Caro, nous avons abordé le sujet : Est-ce totalement normal et sans danger de montrer son enfant sur Internet ?



Elle m'a avoué qu'elle avait lu un article sur ce thème, qu'elle avait voulu me l'envoyer sans oser le faire, de peur que je ne me sente véxée car moi, je montrais parfois mon enfant sur Internet. Mais pas de ça entre elle et moi, Caro fait partie de ces personnes avec qui je peux débattre, avoir un avis différent du sien, sans qu'on ne se fâche pour autant.

Je lui ai donc expliqué qu'avant d'avoir un enfant, je comprenais entièrement les deux points de vue et que je ne jugeais pas les gens qui montraient leurs bambins, hormis s'ils étaient dans des situations délicates ou dans des cas de surexposition. Pour ma part, ce serait inconcevable de vous montrer une photo de mon enfant nu, même s'il est très mignon dans son bain, ni de vous le montrer posant sa première crotte dans son pot.

Ces situations sont toujours gênantes plus tard pour un enfant... Je me rappelle par exemple que ma mère possédait une photo de moi nue dans ses albums photo, j'étais avec ma demi-sœur (nue elle aussi sur le cliché), nous devions avoir 6 ans à l'époque et quand il m'est arrivé de tomber dessus à n'importe quel âge, j'ai toujours ressenti une gêne immense. Je n'ose donc même pas imaginer ce que j'aurais éprouvé si cette photo avait été publique, partagée sur Instagram ou sur Facebook.

Quand je publie une photo de Milo, c'est toujours ça que je me dis : est-ce qu'il serait gêné de tomber dessus plus tard ? Est-ce que cette photo pourrait lui porter préjudice ? Est-ce que quelqu'un pourrait s'en servir contre lui ? 

Alors je ne pense pas qu'avec ses petites photos de look ou de lui dans mes bras, quelqu'un puisse lui nuire... Bon ok, ses copains se moqueront peut-être de moi, sa mère, parce que j'aimais lui faire porter des imprimés animaliers ou des bonnets à oreilles de lapin... mais ça, on est d'accord, on en a tous voulu à nos parents de nous habiller avec des goûts plus que douteux, même si à l'époque c'était le summum de l'élégance. Pas vrai ? 😉

Donc non seulement, c'est déjà hyper important de lui éviter des situations gênantes car ça, ça dépend de nous mais il n'y a pas que ça comme danger...


Montrer ses enfants sur Internet : le risque de tomber sur un pervers

Quand j'étais enfant, ma mère me répétait souvent que je devais me faire accompagner à tel endroit, éviter tel chemin, rentrer avant telle heure pour éviter de me faire  agresser ou violer par un dangereux pervers. 

Jusqu'à maintenant, je n'aurais pas croisé sa route, heureusement pour moi car on le voit assez souvent aux informations, ce n'est pas le cas de tout le monde.

Ce que je veux souligner là-dedans, c'est que les pervers sur Internet ou dans la vraie vie ne représentent pas la majorité de la population, loin de là !

En revanche, ils existent et même si nous nous comportons normalement, en nous protégeant un minimum, ils peuvent nous atteindre et ça, on ne peut rien y faire.

On ne peut rien y faire car sur Internet comme dans la vraie vie, on ne met pas nos enfants sous cloche, on les expose forcément au reste du monde et à toutes les bizarreries ou perversions qui le composent. 

D'ailleurs, la plupart des viols et agressions sexuelles sur les enfants ont lieu dans le cercle familial et on n'arrête pas les repas de famille pour autant...  

Donc oui, il existe des pervers sur Internet, certains parents qui avaient postés des photos de leurs enfants sur les réseaux sociaux ont retrouvé les clichés de leurs bambins sur des sites pédopornographiques mais ça, je pense que c'est une horrible malchance comme il pourrait vous en arriver dans la vraie vie hélas... Il m'est déjà arrivée de me retrouver nue à la plage quand j'étais enfant (c'est quelque chose de courant) et je me souviens que j'étais toujours très mal à l'aise de "montrer mes totottes", j'ai d'ailleurs croisé des regards dérangeants et j'aurais très bien pu me faire photographier en douce et me retrouver sur Internet.

Certains me diront que ne pas montrer ses enfants sur internet, c'est déjà leur éviter un problème et je répondrai qu'ils ont complètement raison. Je ne blâmerai pas pour autant ceux qui montrent leurs enfants de temps en temps, dans des situations normales qui ne leur porte pas préjudice.

Evitons de les montrer nus sur les réseaux sociaux, comme on éviterait de les montrer nus dans l'espace publique ou en repas de famille, ça peut déjà éliminer quelques risques...


Montrer ses enfants sur Internet : les données et l'identité numérique 

Dans l'article dont parlait ma copine Caro, la journaliste expliquait aussi le risque concernant les fuites de données bancaires des enfants, au cas où, par exemple, on se mettrait un jour à payer grâce à notre empreinte rétinienne et que là, en montrant des photos de nos enfants et donc, de leurs yeux, on pouvait imaginer que l'enfant se ferait voler de l'argent facilement... 

Bon alors autant l'argument sur les pervers, je le trouve assez concret mais cet argument là, je le trouve un peu tiré par les cheveux. Même si on arrivait un jour à un mode de paiement qui utilise nos yeux, on serait tous exposés à ce risque : pas que nos enfants. Puisque, je ne sais pas vous mais dans mon cas, je poste rarement des photos de moi avec les yeux fermés... J'ose croire qu'il y aurait forcément une façon de protéger les utilisateurs, comme pour les données bancaires actuellement.

Il n'empêche que montrer son enfant sur Internet, c'est lui créer une identité numérique qui sera difficile à effacer. Attention à ne pas publier n'importe quoi ! 


Montrer ses enfants sur Internet : le consentement

A mon avis, et ça n'engage que moi, le fait d'exposer son enfant sur Internet ne soulève qu'un seul vrai problème : celui du libre arbitre et du fait que notre enfant n'ait pas son mot à dire avant ses 18 ans, concernant son droit à l'image. Par exemple, je ne montre jamais le visage d'Adam, le grand frère de mon fils car je ne suis pas sa maman, qu'il est mineur, qu'il n'est pas présent sur les réseaux sociaux et ce, même si je sais que ses parents postent parfois des photos de lui. En revanche, il m'arrive de partager une photo de ses grandes sœurs en story car elles sont présentes sur Instagram et que ce format est éphémère (je note qu'elles en font de même avec mon fils sur Snapchat). Parfois, je me sens un peu coupable de partager des photos de mon fils, si mignonnes et sans danger soient-elles, juste parce qu'il ne m'a pas donné sa permission... Je ne fais rien d'illégal car c'est moi, sa mère, qui partage mon droit à l'image avec le sien jusqu'à sa majorité mais il n'empêche que je ne lui ai pas demandé son avis et qu'on s'en rend compte avec le temps : nos enfants ne sont pas notre propriété absolue, surtout pas pour toujours.

Alors j'essaie aussi de me rassurer en pensant aux enfants qui servent de modèles aux agences, à qui on n'a pas demandé l'avis non plus et qui permettent de vendre des produits plus ou moins beaux, plus ou moins éthiques, et qu'on voit tous les jours dans les publicités à la TV, sans que ça ne choque personne.

Personne ne s'en offusque car ça fait désormais partie de notre quotidien, tout comme les photos des enfants des autres sur Internet au final ? 

Mais en réalité, personne ne s'offusque car il y a un contrat derrière, que c'est encadré juridiquement et donc, protégé un minimum.

Mais voilà, c'est ça qui moi me rassure vraiment : c'est le fait que tout le monde le fasse.

Ça ne rend pas la chose moins dangereuse ou moins grave si un problème arrivait mais pour ma part, ça me rassure un peu... 


Montrer ses enfants sur Internet : mon avis et mes questionnements

Je n'ai jamais eu de commentaires négatifs et malintentionnés lorsque je postais des photos de mon fils sur les réseaux sociaux, je ne m'en suis jamais servi non plus pour vendre un produit et partager une publication sponsorisée, même si ça ne me dérange pas d'en voir sur certains comptes Instagram familiaux que j'aime suivre. En réalité, ce qui me fait drôle parfois, c'est la surexposition des enfants et les conséquences qu'elles peuvent avoir sur eux, sur leur santé mentale à long terme et sur leur sécurité.

Je me dis souvent que plus les parents et les enfants exposés sur Internet sont célèbres, plus il y a de dangers. Sans parler d'Internet uniquement mais d'enfants devenus célèbres, on a pu remarquer que beaucoup d'entres eux avaient mal tourné, oscillant entre délinquance, dépressions, consommation intensive de drogues et violences.

Le livre Les Enfants sont Rois de Delphine de Vigan traite en grande partie de ce sujet, je vous conseille de le lire, même s'il fait un peu culpabiliser et qu'il est parfois légèrement exagéré, il n'en est pas moins réaliste. Il souligne par exemple le vide juridique qui existait jusqu'en octobre 2020 à propos des enfants exposés sur internet à des fins commerciales. 

Jusqu'en octobre 2020, il n'existait aucune loi encadrant le travail des enfants sur Internet, le cas de nombreux enfants Youtubeurs et influenceurs au sens large. 

Les parents influenceurs qui faisaient intervenir leurs enfants dans des vidéos et publications doivent désormais déposer une partie des revenus générés par leurs enfants, sur un compte à la Caisse des dépôts et consignations qui sera bloqué jusqu'à leur majorité. Les enfants influenceurs bénéficient donc de la même protection que les enfants mannequins ou acteurs par le code du travail. En théorie, les parents devraient même demander l'autorisation à l'administration avant de tourner une vidéo avec leur enfant si celle-ci est susceptible de générer des revenus mais le font-ils tous ? 

Dans cette loi du 19 octobre 2020, les parents sont également sensibilisés sur les conséquences que peut avoir l'exposition des enfants sur Internet. Elle donne aussi la possibilité pour les mineurs d'un droit à l'effacement ou à l'oubli, sans que le consentement des parents ne soit nécessaire.

Ainsi, certains enfants conscients de la situation et incommodés d'une façon ou d'une autre, pourront demander la suppression totale et immédiates des publications sur lesquelles ils apparaissent, même si leurs parents ne sont pas d'accord.

Une loi plutôt positive dont la France est pionnière sur le sujet, c'est assez rare pour être souligné.

Comme vous, je me questionne régulièrement sur le sujet. J'ai encore envie de partager les belles photos de mon fils mais je me freine un peu, parfois, de plus en plus souvent, en commençant par publier plus régulièrement les photos où l'on voit moins son visage, même s'il est très mignon, très souriant, que j'ai envie de montrer qu'il me ressemble "mais si, regardez ses yeux".

Parfois, souvent, je craque encore. 

Comme pour tout, je suis encore loin d'être irréprochable.

Mais j'y pense, je pense aux conséquences.

Mais j'oublie aussi, parfois, le temps d'une belle photo partagée avec vous qui me connaissez ou non mais qui me suivez et qui êtes bienveillants.


Pour conclure, je tenais simplement à dire que chacun fait comme il veut, c'est d'ailleurs votre droit de parent. Je ne veux surtout pas vous faire culpabiliser mais il me semblait important d'informer un peu, de réfléchir ensemble et enfin, d'ouvrir le débat si vous en avez envie mais n'oubliez pas, comme pour tout sujet, le respect est roi, bien plus que nos enfants ne devraient l'être sur Internet.

Je remercie mes copines et lectrices d'avoir participé au podcast (vous pouvez l'écouter ici) et je vous souhaite à tous une excellente journée et je vous retrouve très bientôt pour un nouvel épisode qui je l'espère, vous plaira tout autant.

Manon